
De la marâtre à la maman toujours la littérature chérira la mère. Adulées ou détestées, absentes ou étouffantes les écrivains ont trouvé en elles une source intarissable où ils ont trempé une plume bien souvent teintée d’amertume et de regrets. Peu importe l’age et le poids des années, lorsqu’on parle de sa mère c’est toujours avec le regard impitoyable de l’enfance.
Fut-elle aimante, certains comme Romain Gary dans « La promesse de l’aube » ou Albert Cohen dans « Le livre de ma mère » les décrivent comme de véritables mantes religieuses, coupables d’une relation exclusive, d’un amour cruel car impossible qui les a laissé plus qu’orphelins, plus qu’inconsolables puisqu’ils sont devenus après la disparition de celles-ci, de véritables handicapés du sentiment. Gary constate « il n’est pas bon d’être aimé, si jeune, si tôt. […] Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais.» Quand à Cohen, il dit « c’est le seul faux bonheur qui me reste d’écrire sur elle. […] je reste seul, avec ma ridicule tendresse en chômage […] Elle est morte ».








