
Le fils de Michel Sardou est devenu un écrivain aux multiples facettes : aussi bien auteur de thrillers à succès que traducteur d'écrivains anglo-saxons. Rencontre avec un phénomène.
«Excusez mon retard, je suis tombé en panne d'essence sur le pont Alexandre-III !», glisse Romain Sardou dans un sourire, alors qu'il arrive, un brin essoufflé, dans les bureaux de son éditeur, Bernard Fixot, au 47e étage de la tour Montparnasse… Pas étonnant si cet auteur à succès a parfois la tête ailleurs : il fourmille d'activités et avoue travailler sur plusieurs romans à la fois. Reste que le jeune homme né en 1974, arborant un look d'éternel adolescent, jeans et blouson décontracté, a le chic pour surprendre.
Fils de Michel, il aurait logiquement pu embrasser une carrière de chanteur et entonner : «Il était là dans ce fauteuil/Mon spectateur du premier jour/Comme un père débordant d'orgueil/Pour celui qui prenait son tour…» Petit-fils de Fernand et Jackie, grand frère de Davy, tous comédiens, la passion familiale du théâtre fut à deux doigts de faire de lui un auteur dramatique. Mais, sur le conseil de sa femme, Francesca, Romain Sardou a tourné le dos à la vie de saltimbanque et trouvé dans la littérature le meilleur moyen d'exprimer une créativité certainement héréditaire. Son coup d'essai, un roman médiéval intitulé Pardonnez nos offenses, fut un coup de maître. Sorti en 2002, ce thriller ébouriffant, salué par la critique, s'est vendu à 300 000 exemplaires en France. Le romancier allait-il se contenter de creuser le même sillon ? Surtout pas ! Depuis, il a publié des contes de Noël et n'a pas hésité à se plonger dans d'autres époques : dans son nouveau roman, Quitte Rome ou meurs, il complète avec bonheur et sans complexe la correspondance de Sénèque. L'érudition de cet autodidacte, qui a arrêté l'école juste avant le bac, étonne et fait merveille.



Auteurs












